L’affaire avait provoqué une vive émotion à Marseille et dans les manifestations.
Zineb Redouane, 80 ans, était décédée à l’hôpital après avoir été touchée au visage par une grenade lacrymogène, alors qu’elle tentait de fermer la fenêtre de son appartement situé en aplomb d’une manifestation.

Le directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux a finalement décidé de ne pas renvoyer le CRS mis en cause en conseil de discipline. Pourtant, l’IGPN préconisait le contraire, après un rapport estimant que le policier avait bien réalisé un tir réglementaire sans viser délibérément la victime mais avait manqué à « l’obligation de discernement par une action manifestement inadaptée ».

Zéro sanctions pour le CRS auteur du tir qui a frappé Zineb Redouane à Marseille en 2018. L’IGPN recommandait a minima le renvoi devant un conseil de discipline du CRS. Le patron de la police nationale a classé le dossier sans suite selon France Inter.

— Nils Wilcke (@paul_denton) October 30, 2021

Mais la DGPN, qui a statué en juillet, a tenu compte dans sa décision de la « fatigue », du « manque de visibilité », de la « tension » et de « la nécessité légalement établie de tirer », mentionnés dans le rapport IGPN, pour dispenser le CRS d’une sanction disciplinaire. Le policier qui supervisait le CRS au moment du tir, et pouvait également passer en conseil de discipline, y échappe également. L’institution a retenu que les deux fonctionnaires étaient « très bien notés », et ils devront simplement passer un stage pour « se faire rappeler les consignes ».

« Ça ne m’étonne pas, nous n’attendions rien de la hiérarchie policière. Le plus important c’est que le CRS comparaisse devant une cour d’assises pour meurtre », a réagi l’avocat de la famille de Zineb Redouane, Me Yassine Bouzrou. L’enquête de l’IGPN a effectivement été versée à l’enquête judiciaire menée à Lyon, mais aucune mise en examen n’a encore été prononcée.

Deux hypothèses contradictoires

Deux versions de l’incident sont à l’étude. Un rapport d’expertise remis en mai 2020 dans le cadre de l’information judiciaire avait conclu que le tir policier avait été effectué dans les règles – en cloche – et avait atteint la victime accidentellement. C’est ce que retient l’IGPN tout en indiquant que le tir était inadapté, puisque la portée du lance-grenade a une portée de 100 m et que l’immeuble de Zineb Redouane se trouvait à 30 m.

Une contre-expertise indépendante, menée par le média d’investigation en ligne Disclose et le groupe de recherche basé à Londres Forensic Architecture, avait été publiée fin 2020. Elle concluait au contraire à un tir tendu, pratique interdite face à un immeuble d’habitation.

Affaire Zineb Redouane : Le CRS mis en cause dans son décès n’aura pas de sanction administrative
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