Dans Aline, c’est simple, on n’entend qu’elle. Victoria Sio n’apparaît pourtant jamais à l’écran : cette chanteuse lyonnaise a prêté sa formidable voix au personnage de Valérie Lemercier,
très librement inspiré de Céline Dion. Si elle parvient à communiquer l’émotion et l’énergie de la « vraie » Céline, c’est grâce à une préparation intensive sous l’œil bienveillant de l’équipe du film, en plus d’un talent inné.

Comment vous êtes-vous retrouvée à doubler la vraie-fausse Céline Dion d’« Aline » ?

Au concert d’un ami, à Paris, j’étais assise à côté du directeur du casting du film, Bruno Berberes, que je connaissais déjà puisqu’on avait travaillé ensemble sur les comédies musicalesLe Roi Soleil et Les Trois mousquetaires. Il m’a demandé de lui envoyer deux démos, de My heart will go on et Pour que tu m’aimes encore. Il ne m’a pas dit pourquoi, juste de coller au mieux à l’interprétation de
Céline Dion. Quelques jours après, l’équipe musicale du film me rappelle, m’explique le film que prépare Valérie Lemercier. Puis, en mai 2020, j’apprends qu’il y a eu un casting de 50 chanteuses, françaises et canadiennes, et que Valérie m’a choisie, moi.

Quelle a été votre préparation ?

Je n’ai eu que 15 jours pour bosser les chansons avant d’entrer en studio ! J’ai une technique, mais pas celle de Céline Dion, ni sa tessiture, il fallait donc que je me prépare comme une athlète. Je suis d’abord allée voir mon phoniatre, pour savoir si mes cordes vocales allaient tenir ! Puis une coach m’a aidée pour l’accent anglais, et une autre, qui connaît très bien Céline Dion, pour la technique, parce que je ne me réveille pas tous les matins en chantant All by myself (rires)…

Qu’est-ce qui était le plus difficile ?

J’avais une playlist des 16 chansons que je chante dans le film. Et c’est là qu’on se rend compte qu’écouter Céline et travailler Céline, ça n’a rien à voir… Ses chansons ont toutes une particularité, une difficulté. Et j’ai dû la chanter de 13 ans à 50 ans, donc il a fallu que je travestisse un peu ma voix pour paraître plus jeune, passer d’un anglais un peu approximatif à un anglais parfait… Valérie évolue physiquement dans le film, et il fallait qu’on sente aussi cette évolution vocalement. J’étais prête en entrant en studio, où Valérie a été ma nouvelle coach !

Comment ?

Elle m’a guidée comme si j’avais été l’actrice de son film. Il n’était pas question d’imiter, mais de s’inspirer, l’évoquer en apportant un petit supplément de jeu. J’avais gardé All by myself pour le dernier jour de studio, et Valérie m’a reboostée comme si je partais pour un marathon ! Quant à la fameuse note très haute que je ne pourrais pas faire cinq ou six fois d’affilée, j’étais tellement confiante, grâce à elle et à son équipe, que tout s’est bien passé. A l’avant-première
à Lyon, ma mère pleurait, elle me tenait la main en disant : « Mais c’est toi ? C’est vraiment toi ? » Elle ne me reconnaissait pas, et je me suis dit : « Ça va, j’ai bien bossé » (rires).

Vous venez de sortir votre premier EP, était-il prévu avant le film ?

Mon EP Tout est bon là devait sortir l’an dernier, mais avec le Covid… Je savais qu’Aline serait une énorme carte de visite pour moi, mais mes compositions me tenaient tout autant à cœur. Et je me suis dit que si je devais jongler entre Aline et mon EP, ce ne sera pas plus mal car je ne me cantonne pas dans un seul registre. Depuis deux mois, je mets soit mes baskets pour mon EP, soit mes talons pour les projections, et ça me plaît beaucoup.

« Aline » : Victoria Sio, la Lyonnaise qui chante comme Céline Dion
Source:
Source 1

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here