Après six saisons et deux films, un nouveau chapitre de Sex and the City, intitulé And Just Like That, s’ouvre ce vendredi sur Salto. Si les bien-aimées new-yorkaises Carrie Bradshaw (
Sarah Jessica Parker), Miranda Hobbes (Cynthia Nixon) et Charlotte York (Kristin Davis) reviennent sur nos écrans
sans Samantha Jones (Kim Cattrall) mais avec de nouvelles recrues. Sara Ramírez (Callie Torres dans Grey’s Anatomy), Sarita Choudhury (Mira Berenson dans Homeland) et Nicole Ari Parker (Giselle Sims-Barker dans Empire) figurent au casting de cette nouvelle saison de 10 épisodes, qui montre l’évolution du trio d’origine à la cinquantaine. Lancée en 1998 sur HBO, diffusée en 1999 sur Téva, puis en 2000 sur M6, Sex and the City est la première série à mettre en vedette un groupe de femmes qui parlent ouvertement de sexe sur le petit écran. Plus de vingt ans après, les journalistes de 20 Minutes racontent ce que cette production culte de
Darren Star représentait pour eux à l’époque alors qu’ils étaient jeunes adultes, adolescents ou enfants.

« Pas ma priorité à cet âge-là » pour Clément R.

C’est ce qui s’appelle passer à côté d’une série. Je ne veux pas glisser dans l’âgisme, mais lorsque Sex and the City est diffusé pour la première fois, je n’ai que deux ans. Autant vous dire que les tribulations de quatre trentenaires célibataires, ce n’est pas ma priorité à cet âge-là (j’étais plus occupé à essayer d’aligner deux mots correctement). Le temps passe, la culture générale se forme et le rattrapage des séries des années 2000 en fait partie. Impossible de passer à côté de Breaking Bad, de ne pas s’intéresser à Lost, de ne pas jeter un coup d’œil à Dexter. Mais Sex and the City ? A part les jolis plans de New York, on garde un souvenir impérissable de cette série ?

« Je découvre l’existence des boules de Geisha » pour Anne

Quand Sex and the City débarque en France, je suis une célibataire d’environ 25 ans fraîchement arrivée sur Paris. Vivant sans télé, je mate la série de temps en temps les WE en province chez ma mère. Avec mes BFF, on papote autour des péripéties sexuelles (le fameux rabbit et surtout les boules de Geisha dont on découvre l’existence grâce au show) et les aventures sentimentales du quatuor (faut-il enchaîner les plans culs comme Samantha ou chercher l’amour comme Carrie ?). Comme la question se pose alors constamment dans la presse féminine, on se demande qui serait la célibattante Carrie, la nympho Samantha, la BCBG Charlotte ou la workaholic Miranda. Mais surtout, le 
Cosmopolitan devient le cocktail officiel de nos soirées filles de l’époque !

« Des images dans ma tête » pour Clément B.

Sarah Jessica Parker tapant ses articles derrière son Mac. Un groupe de filles se retrouvant pour boire des verres. Des tenues chics et sophistiquées. Je n’ai jamais regardé Sex and the City. Mais j’ai des images, peut-être fausses, peut-être exagérées, dans ma tête dès qu’on évoque le nom de cette série iconique. Car même sans avoir suivi les aventures de ces quatre New-Yorkaises, il est impossible d’y échapper. Affiches des films dérivés dans la rue, références dans d’autres séries se déroulant dans la Big Apple, quiz pour savoir si on est plutôt une Carrie ou une Miranda… Je crois que vingt-trois ans après les débuts du show, il est enfin temps de s’y mettre. Sex and the City, à nous deux.

« L’incarnation du cool » pour Clio

Cette série m’a profondément marquée quand je l’ai découverte au début des années 2000, à la fin de l’adolescence. Parce qu’elle mettait en scène une bande de copines (certes 20 ans plus âgées que moi), mais surtout parce qu’elles parlaient de sexe en permanence. Je n’en revenais pas qu’elles puissent évoquer la sexualité de façon aussi libérée et décomplexée et notamment la masturbation féminine, un sujet qui provoquait surtout des ricanements et de la gêne autour de moi. J’y étais tellement peu habituée que je regardais Sex and the City limite en cachette – comme si c’était follement subversif –, et j’y découvrais avec des yeux stupéfaits l’existence des sex-toys et du fameux « lapin ». A mes yeux, Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda étaient l’incarnation du cool, de l’indépendance, cette vie légère et facile me fascinait. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas comment Carrie payait ses factures. Et pourquoi elle tenait tant à Mr Big, ce vieux bonhomme boring, froid et imprévisible (complètement « toxique » avec du recul).

Il m’a fallu aussi plusieurs années pour capter que l’indépendance était toute relative tant leurs existences tournaient quasi exclusivement autour des hommes. Je n’ai pas revu la série depuis plus de quinze ans mais je n’ai pas de mal à imaginer que de nombreux aspects ont mal vieilli, qu’au regard d’aujourd’hui de nombreuses scènes sont problématiques. J’en garde toutefois le souvenir d’une série qui pour la première fois mettait à l’honneur des femmes drôles, intelligentes et puissantes, leur amitié indéfectible et leurs clitoris.

« La valse-hésitation entre Carrie Bradshaw et Mr Big » pour Vincent

Ce n’est pas forcément ce que j’aurais pensé retenir de la série Sex and the City, et pourtant. De toutes les histoires sentimentales et sexuelles de nos quatre New-Yorkaises, j’ai été passionné, agacé, déçu, rattrapé par la valse-hésitation entre Carrie Bradshaw et Mr Big. Leur relation a été l’occasion d’explorer un couple alors moderne et exclusivement hétérosexuel sous toutes les coutures, pour le meilleur et pour le pire. De ce point de vue, le premier film s’essaie, avec maladresse mais aussi mélancolie, à la déconstruction de l’institution du mariage et de la figure du mâle alpha. Comme un post-scriptum à la série. (PPS : Le deuxième film n’existe pas.)

« Une histoire de rendez-vous raté » pour Fabien

Je ne crois pas avoir jamais vu un seul épisode de Sex and the City. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi si ce n’est qu’à l’époque de sa diffusion en France, je captais très mal M6 au milieu des volcans d’Auvergne et l’horaire de programmation n’était pas le plus simple pour moi. Et que je n’étais tout simplement pas dans la cible. J’ai cependant quelques images qui me viennent en tête quand on me parle de la série. Sarah Jessica Parker en tutu dans la ville ou devant son écran d’ordinateur. Des brunchs entre copines et le nom du cocktail Cosmopolitan qui clignote spontanément. J’ai aussi vu les deux adaptations au cinéma, dont il ne me reste plus vraiment de souvenir – si ce n’est d’être ressorti de la deuxième avec l’impression d’avoir perdu mon temps face à un grand n’importe quoi. Sex and the City et moi, ce n’est donc pas une histoire de rendez-vous manqué mais de rendez-vous raté.

« Ma première expérience de non-mixité » pour Benjamin

Sex and the City est sans doute ma première expérience de non-mixité. Ces années-là, étudiant, il était de coutume de consacrer certaines soirées aux visionnages de séries entre amis. Mais si les soirées X-Files ou Ally McBeal étaient mixtes, je n’étais pas invité par mes amies à leur soirée Sex and the City. J’ai naturellement pensé que cette série n’était pas pour moi, et que je gâcherais, par ma seule présence (et mes éventuelles remarques acerbes) le plaisir des jeunes femmes qui constituaient le cercle Cosmopolitan. Bien plus tard, j’ai appris l’importance culturelle majeure de la série, sans m’y plonger totalement, et aussi à savoir retenir mes remarques acerbes et sexistes. Le Moi de 2021 serait sans doute invité aux soirées Cosmopolitan de 2001.

« And Just Like That », « 20 Minutes » partage ses plus grands souvenirs de « Sex and the City »
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