Sunday, September 26, 2021
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Assurance-chômage : Oui, un ex-travailleur au Smic verra bien son allocation baisser de plus de 300 euros avec la réforme

Assurance-chômage : Oui, un ex-travailleur au Smic verra bien son allocation baisser de plus de 300 euros avec la réforme

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Une agence Pole emploi (image d'illustration).

Une agence Pole emploi (image d’illustration). — LOIC VENANCE / AFP
  • « Au 1er juillet, l’allocation-chômage d’un smicard passera de 985 euros à 667 euros ! », s’indigne une publication Facebook virale.
  • Cette affirmation est authentique et conforme à la nouvelle méthode de calcul de cette allocation, qui entrera en vigueur à cette date.
  • La publication omet toutefois de préciser que le demandeur d’emploi concerné bénéficiera de cette allocation sur une durée plus longue – même si ce changement engendre d’autres problèmes concrets.

« La précarité en marche ! » Au-delà de cette formule parodiant le nom du parti présidentiel, un post Facebook viral entend dénoncer la baisse à prévoir de l’allocation-chômage allouée à certaines catégories de travailleurs.

« Au 1er juillet, l’allocation-chômage d’un smicard passera de 985 euros à 667 euros ! », s’offusque ainsi ce visuel, partagé plus de 2.000 fois sur le réseau social.

Calcul fiable ou chiffres trompeurs ? 20 Minutes fait le point.

FAKE OFF

La première étape de la réforme de l’allocation-chômage débutera bien le 1er juillet prochain, avec la réforme de son mode de calcul. A compter de cette date, le salaire journalier de référence (SJR) tiendra compte des périodes d’inactivité des travailleurs sans emploi.

« Ces nouvelles règles de calcul conduisent à indemniser moins, mais plus longtemps : 14 mois en moyenne, contre 11 actuellement. Selon les estimations de l’Unédic, dans l’ensemble, 63 % des allocataires percevront au total une indemnisation moins élevée et 23 % une indemnisation supérieure », détaille le site Service Public. Tout en rappelant que « pour éviter des revenus trop bas aux personnes les plus précaires, cette baisse d’allocation sera limitée par un plancher : le SJR baissera de 43 % maximum par rapport au mode de calcul de la convention chômage de 2017 ».

Concrètement, selon l’exemple donné en mars par le ministère du Travail, un salarié payé au Smic ayant travaillé pendant 8 mois sur la période de référence (de 24 mois) se verrait verser une allocation-chômage de 667 euros sur 14 mois… contre 985 euros pendant 8 mois à l’heure actuelle. C’est cet exemple – authentique, donc – qui est repris sur le post Facebook, même s’il se garde bien de préciser ce changement de durée d’indemnisation.

Si le gouvernement vante la durée accrue de cette indemnisation, elle se retrouve tout de même réduite chaque mois, alors que « les charges fixes du demandeur d’emploi, comme le loyer, ne baisseront pas, [ce qui ne] fera qu’augmenter sa précarité financière », comme le déplorait récemment auprès de 20 Minutes Eric Courpotin, secrétaire confédéral de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Sans compter que les 800.000 demandeurs d’emploi qui devaient être concernés par cette diminution d’allocation, selon la première analyse de l’Unédic datée de l’automne 2020, seraient en réalité bien plus nombreux si l’on en croitses prévisions actualisées, en date du 7 avril 2021 : « La première année, avec le nouveau mode de calcul du SJR, 1,15 million d’allocataires ouvriront un droit avec une allocation journalière plus faible (de 17 % en moyenne) qu’avec les règles en vigueur jusqu’alors. »

Des économies de 2,3 milliards d’euros par an

En outre, « les allocataires vont rarement au bout de leurs droits », comme le rappelait récemment à Libération Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques. Même en augmentant leur durée d’indemnisation jusqu’à 14 mois, le gouvernement s’assure donc de réaliser des économies.

Et pas des moindres : selon l’étude d’impact de l’Unédic, elles équivaudraient à « une baisse des dépenses d’environ 2,3 milliards d’euros par an en régime de croisière, c’est-à-dire une fois que l’on aura retrouvé la situation économique proche de celle que l’on a connue avant la crise sanitaire. »

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