Pourra-t-on bientôt prendre un médicament chez soi en cas de test positif au coronavirus ? C’est en tout cas le pari
du géant pharmaceutique Pfizer qui a déposé, ce mardi,
une demande d’autorisation en urgence aux Etats-Unis pour sa pilule anti-Covid, Paxlovid. La société pharmaceutique américaine, qui commercialise déjà avec l’allemand BioNTech l’un des vaccins les plus efficaces du marché contre le coronavirus, mise sur un médicament, destiné à prévenir les formes graves de la maladie, et donc diminuer les hospitalisations et les décès.

Comment fonctionne cette pilule ? Quels sont les premiers résultats ? Quand sera-t-elle disponible ? 20 Minutes fait le point.

Quel traitement pour la pilule anti-Covid de Pfizer ?

Cette pilule, un traitement antiviral oral qui répond au nom de « Paxlovid » – ou PF-07321332 –, permet de « bloquer l’activité de la protéase SARS-CoV-2-3CL, une enzyme dont le coronavirus a besoin pour se répliquer », explique Pfizer dans un communiqué publié sur son site début novembre. Il pourrait être administré en association avec le ritonavir, un médicament utilisé contre le virus du sida. « La co-administration avec une faible dose de ritonavir aide à ralentir le métabolisme, ou la dégradation », du Paxlovid « afin qu’il reste actif dans le corps pendant de plus longues périodes à des concentrations plus élevées pour aider à combattre le virus », poursuit le laboratoire.

Ce comprimé pourrait être « prescrit au premier signe d’infection ou à la première prise de conscience d’une exposition, aidant potentiellement les patients à éviter une maladie grave qui peut entraîner à l’hospitalisation et à la mort », ajoute l’entreprise américaine.

Quels sont les résultats des essais cliniques ?

Selon les résultats de l’essai clinique, démarré fin septembre,
la pilule de Pfizer est efficace à 89 % pour prévenir le risque d’hospitalisation ou de décès. Les premiers résultats du laboratoire américain sont fondés sur l’observation d’un panel d’un peu plus de 1.200 adultes ayant contracté le coronavirus et présentant un risque de développer un cas grave de la maladie. Dans les quelques jours suivant l’apparition des symptômes, certains ont reçu la pilule de Pfizer et d’autres un placebo. Ils ont reçu l’un ou l’autre durant cinq jours, une fois toutes les douze heures.

« L’analyse intermédiaire a montré une réduction de 89 % du risque d’hospitalisation liée au Covid-19 et de décès de n’importe quelle cause, comparé à un placebo, chez les patients traités dans les trois jours suivant l’apparition des symptômes », a détaillé la société américaine. Des résultats « similaires » ont été observés chez les patients traités dans les cinq jours après l’apparition des symptômes. Au total, dix personnes sont mortes parmi les patients ayant reçu le placebo, contre zéro décès dans le groupe ayant reçu le traitement.

A quels pays sera-t-il vendu ?

Probablement d’abord aux Etats-Unis. Mardi, le géant pharmaceutique a annoncé avoir déposé une demande d’autorisation en urgence auprès de l’agence américaine des médicaments (FDA). Mais ce n’est pas tout. Accusé d’avoir privilégié les profits, en vendant son vaccin aux pays qui en ont les moyens, Pfizer a annoncé, ce mardi, avoir signé avec la Communauté de brevets sur les médicaments (MPP), créée par Unitaid, un accord de licence volontaire qui doit permettre de diffuser sa pilule, si elle est autorisée, au-delà des pays riches. Les fabricants de médicaments génériques « qui se voient accorder des sous-licences pourront fournir le nouveau médicament en association avec le Ritonavir à 95 pays, couvrant jusqu’à environ 53 % de la population mondiale », a précisé un porte-parole d’Unitaid, Hervé Verhoosel.

Selon cet accord, tous les pays à revenu moyen inférieur et inférieur, les pays à revenu moyen supérieur d’Afrique subsaharienne et les pays à revenu moyen supérieur qui ont accédé à ce statut au cours des cinq dernières années sont concernés. De plus, le géant pharmaceutique ne recevra pas de redevances sur les ventes dans les pays à faible revenu ni des pays couverts par l’accord, tant que le coronavirus sera considéré comme une urgence de santé publique par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Existe-t-il des traitements similaires ?

Oui, le Molnupiravir, un antiviral développé par le concurrent de Pfizer, le géant pharmaceutique américain Merck. Selon un essai clinique, ce traitement diminue par deux le risque d’hospitalisation s’il est administré aux patients dans les jours qui suivent un test positif. Le médicament a été autorisé, début novembre, au Royaume-Uni.

Le géant pharmaceutique a également déposé une demande d’autorisation en urgence aux Etats-Unis, qui sera examinée le 30 novembre par l’agence américaine des médicaments (FDA). Washington a déjà acheté 3,1 millions de traitements à Merck, avant même le feu vert des autorités sanitaires. En France,
le gouvernement a déjà commandé 50.000 doses de cette pilule fin octobre, avait fait savoir Olivier Véran, le ministre de la Santé. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a lancé, début novembre, un examen accéléré du Molnupiravir.

Coronavirus : Comment fonctionne le Paxlovid, la pilule anti-Covid de Pfizer ?
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