Elle tombe le masque mais ne baisse pas les bras. Convaincue que « le port du masque est nocif pour les apprentissages et qu’il convient, malgré la nouvelle vague épidémique de Covid-19 annoncée, de prendre de nouvelles mesures » l’enseignante 
Anne-Claire Rossignol a décidé le 8 novembre de ne plus porter le masque pour faire cours. Ce geste lui a valu d’être immédiatement suspendue de ses fonctions par
l’Education nationale. Depuis, cette professeur de français dans un collège à Gouvieux dans l’Oise s’active pour retrouver le droit de faire cours sans masque.

Apprentissage compliqué chez les enfants

« Le métier d’enseignant doit être reconnu comme une profession dispensée de masques, au même titre que les présentateurs télé ou les avocats, par exemple », plaide-t-elle. Le risque qu’elle dénonce est scientifiquement reconnu : le masque complique fortement les apprentissages chez les enfants.

Il y a un an, des psychologues tiraient déjà la sonnette d’alarme sur les conséquences néfastes, à plus ou moins long terme, du port du masque pour les enfants à partir de 6 ans, dans une tribune dans Libération. En juin, la Société française de pédiatrie demandait la fin du port du masque à l’école.

Enfin, vendredi, sur France Info, le président de la commission médicale de l’Assistance publique- Hôpitaux de Paris (APHP), Rémi Salomon, a reconnu, lui aussi, que « le masque perturbait l’apprentissage du langage et de la lecture pour les enseignants et les enfants ».

Aucune réponse du rectorat

De son côté, le ministère de l’Education nationale estime que le port du masque est indispensable pour endiguer la cinquième vague annoncée et l’a d’ailleurs rendu de nouveau obligatoire pour tous les élèves de primaire dès lundi 15 novembre.

« Lorsque j’ai prévenu ma hiérarchie, dès le 19 octobre, que je comptais enseigner sans masque pour enseigner pleinement, je n’ai eu aucune réponse », explique aujourd’hui Anne-Claire Rossignol. Jusqu’à ce qu’elle reçoive, le jour de son geste, une mesure de suspension temporaire du rectorat qui l’a convoquée pour s’expliquer, le 15 novembre. Elle risque le conseil de discipline pour être radiée de la fonction publique.

A 45 ans, la prof assure qu’elle ira jusqu’au bout de sa démarche, « soutenue par les enfants et les parents ». « Je n’aurais pas fait ça avant que la majorité des gens et des enfants soient vaccinés. Aujourd’hui, il faut réévaluer le rapport bénéfices-risques pour les élèves au moment où on se rend compte que l’épidémie va durer et devenir cyclique », estime-t-elle.

« Le mal-être qui existe déjà, va s’accentuer »

Et l’enseignante sait de quoi elle parle. La commune où elle enseigne se situe à côté de Creil, là où l’épidémie a été détectée et dévoilée pour la première fois en France, en févier 2020. « Nous étions les premiers à subir le confinement », se souvient-elle.

Selon Anne-Claire Rossignol, des solutions alternatives existent. « On peut mettre à distance les élèves, aérer régulièrement les classes, propose-t-elle. De toute façon, si on persiste avec les masques, pour les enseignants, comme pour les enfants, le mal-être qui existe déjà, va s’accentuer. »

Coronavirus dans l’Oise : Une enseignante suspendue pour avoir tombé le masque « afin d’enseigner pleinement »
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