Ferons-nous comme les Américains ? Depuis mardi, la vaccination anti-Covid est ouverte aux enfants de 5 à 11 ans aux Etats-Unis, soit 28 millions de jeunes Américains désormais éligibles. Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) ont officiellement recommandé ce même jour les injections du vaccin de Pfizer pour cette tranche d’âge, après l’autorisation accordée quelques jours plus tôt par l’Agence américaine des médicaments (FDA).

La vaccination « permettra aux parents de mettre fin à des mois d’inquiétude pour leurs enfants », s’est félicité le président américain, Joe Biden, après l’annonce, saluant un « important pas en avant » et un « tournant » dans la lutte contre la pandémie. Et en France, doit-on se préparer à cette éventualité, alors que l’épidémie repart et que le masque fait son retour à l’école ce lundi dans 39 départements où le taux d’incidence grimpe de nouveau ? Une telle mesure n’est pour l’heure pas envisagée par les autorités sanitaires. Mais les lecteurs et lectrices de 20 Minutes ont déjà réfléchi à la question et nous livrent leur avis bien tranché.

« Oui, pour permettre aux enfants de redevenir insouciants »

Selon un sondage présenté mardi par les CDC et réalisé en septembre aux Etats-Unis auprès de 1.000 parents, 57 % ont déclaré qu’ils feraient « sans aucun doute » ou « probablement » vacciner leur enfant. Un choix approuvé par une partie des lecteurs de 20 Minutes, qui feraient le même choix s’ils en avaient la possibilité. A l’instar de Pascale, qui serait prête à faire vacciner son fils de 10 ans. « Pour sa liberté, pour ne plus fermer d’école, pour ne plus avoir à mettre le masque, et pour permettre aux enfants de redevenir insouciants », explique-t-elle.

Un avis partagé par Charles : « Nous avons fait vacciner notre fils dès son douzième anniversaire ! Alors, si la vaccination est élargie, nous ferons vacciner sa sœur de 9 ans sans la moindre hésitation ! Par confort pour ne pas avoir de tests à faire pour les vacances, mais aussi par précaution. Nous faisons confiance aux médecins, et estimons que la vaccination est pour nous une chance ». Et « c’est une très bonne chose de penser à vacciner nos enfants, renchérit Amandine, maman de quatre enfants de 19, 16, 13 et 10 ans. Mon mari et moi, nous avons fait vacciner les trois grands dès que cela a été possible. Et nous attendons avec impatience de pouvoir faire vacciner notre fils de 10 ans. Nous avons confiance en la science et tant que les enfants ne seront pas vaccinés, le virus continuera à circuler ».

Une situation sanitaire différente

Si la vaccination anti-Covid a été ouverte aux 5-11 ans aux Etats-Unis, c’est parce que plus de 1,9 million de cas de Covid-19 y ont été recensés dans cette tranche d’âge, requérant plus de 8.300 hospitalisations, et causant plus de 2.300 cas de
syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS) et une centaine de décès. Des chiffres alarmants qui s’expliquent par une autre épidémie qui sévit depuis longtemps aux Etats-Unis et qui n’épargne pas les enfants : l’obésité, qui représente un facteur de risque important de développer une forme grave du Covid-19. Cette mesure vise donc à protéger les plus jeunes du
coronavirus tout en favorisant la réduction de la transmission de l’épidémie dans la population générale. « C’est donc légitime, dans ce contexte, [que les Américains] commencent la vaccination des jeunes enfants », a commenté jeudi sur
franceinfo le Pr Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.

Une mesure qui, répétons-le, n’est toujours pas d’actualité dans l’Hexagone. « En France, on peut se permettre d’attendre un peu », a estimé le Pr Fischer. Et s’il n’y a pas d’urgence à élargir la cible vaccinale, c’est que de notre côté de l’Atlantique, la situation est bien différente et la couverture vaccinale bien supérieure. Aux Etats-Unis, 57,5 % de la population a un schéma vaccinal complet, selon les données des autorités sanitaires américaines, contre plus de 50 millions de Français qui sont complètement vaccinés, soit près de 75 % de la population générale. Un taux que les autorités sanitaires aimeraient encore voir progresser, mais qui permet déjà d’éviter des flambées épidémiques d’ampleur similaires aux premières vagues qui ont touché la France.

Une balance bénéfices/risques à évaluer

Parmi les Américains hésitant à faire vacciner leurs jeunes enfants, les inquiétudes concernent surtout les  effets secondaires, à court ou long terme. Une peur partagée par nombre de parents ici en France. A l’instar de Sophie. « Les études montrent qu’il y a moins de risques de forme grave quand on est vacciné, c’est pourquoi j’ai laissé ma fille de 17 ans se faire vacciner. C’était son choix, elle en avait besoin psychologiquement pour reprendre sa vie d’adolescente. Mais j’aurais refusé si j’avais des enfants en école maternelle ou élémentaire, d’autant plus qu’on se rend compte aujourd’hui que le vaccin a peut-être
perturbé le cycle menstruel de certaines femmes, ce qui a d’ailleurs été le cas de mon aînée ».

En outre, la balance bénéfices/risques de la vaccination des plus jeunes n’est pas jugée équilibrée par nombre de parents. C’est le cas de Pascal, papa de Mila, 5 ans. « Ma femme et moi sommes doublement vaccinés depuis avril, donc plutôt pro-vaccin, précise-t-il. Cependant, il nous apparaît que la vaccination serait plutôt un risque pour notre fille : les 5-11 ans ne font quasiment pas de formes graves, et ils contribuent moins à l’expansion de la maladie. Donc pourquoi les vacciner sachant que cela ne freinera pas beaucoup plus le virus, au risque de leur faire développer des myocardites ? Je préfère l’option d’une troisième dose sur les adultes ».

Katia, elle, « pense que nous devrions plutôt rendre le vaccin obligatoire pour tous les adultes et laisser tranquille les jeunes. Je reste persuadée que si tous les adultes avaient accepté de se faire vacciner, nous n’en serions pas là ».

« Jamais de la vie »

Plus que des doutes, certains rejettent en bloc toute idée de vaccination. « Mon mari et moi-même ne sommes pas vaccinés et cela va de soi que nos deux enfants (8 et 5 ans) ne le seront jamais non plus. Il faudra me passer sur le corps ! », insiste Caroline. Pour Frédéric, père de trois enfants de 9, 8 et 5 ans, la réponse est simple, c’est « jamais de la vie ! Ils ne sont absolument pas menacés par le Covid-19 qui leur ferait, au pire, l’effet d’une bonne grippe. Leur système immunitaire est en plein développement, ils n’ont pas besoin de ça », estime-t-il.

En France, actuellement, seuls les plus de 12 ans sont éligibles au vaccin. Et à ce jour, 75,2 % des 12-17 ans​ ont reçu leur première dose de vaccin. Ils sont 71,2 % à avoir un schéma vaccinal complet.

Coronavirus : « Sans la moindre hésitation » ou « jamais de la vie »… Ce que les parents français pensent de la vaccination des 5-11 ans
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