Les Rosies, autrices du tube « A cause de Macron » découvert pendant les mobilisations contre la réforme des retraites, feront partie du cortège du 8 mars.

Les Rosies, autrices du tube « A cause de Macron » découvert pendant les mobilisations contre la réforme des retraites, feront partie du cortège du 8 mars. — Vincent Loison/SIPA
  • Syndicats et associations féministes appellent à faire la grève ce lundi 8 mars, « au boulot ou à la maison ».
  • Le cortège parisien doit passer devant un hôpital, un Mcdonald’s et une université pour rendre hommage aux héroïnes et victimes de la crise sanitaire.


     

Au boulot comme à la maison, ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, sera sous le signe de la grève et de la manifestation. Des syndicats comme Solidaires et la CGT et des associations féministes comme Les effrontées et Osez le féminisme, entre autres, appellent à manifester ce lundi dans plusieurs villes de France. Un rassemblement « festif et féministe » est également prévu dimanche 7 mars, place de la République à Paris.

Dans la capitale, le cortège démarrera en face de l’hôpital Cochin, pour demander « des moyens pour les soignant·es » ; et rendra hommage sur son passage notamment aux caissières, aux « intermittentes et précaires », et à toutes les « premières de corvée ».

Carte du cortège féministe du 8 mars.
Carte du cortège féministe du 8 mars. – On Arrête Toutes

« C’est grâce à une bande de femmes que la société a pu continuer à tourner », rappelle Sophie Binet, de la CGT, pour laquelle ce 8 mars est un appel lancé au gouvernement pour « revaloriser les salaires, rouvrir des lits dans les hôpitaux, et construire une société égalitaire ». Ana Azeria, de l’association Femmes égalité, qui défend les femmes aides à domicile, rappelle qu’elles représentent 400.000 personnes dont 97 % de femmes. « Dans cette profession la colère est immense car elles n’ont pas de reconnaissance », dit-elle, regrettant que ces femmes n’aient pas touché la prime Covid ni l’augmentation du Ségur de 183 euros. « La CGT n’a pas signé ce Ségur et considère qu’il faudrait opérer à la revalorisation salariale sur ces métiers », complète Mireille Stivala, de la CGT santé.

37 % des étudiantes ont eu des pensées suicidaires

Les violences faites aux femmes ne seront pas oubliées. Le cortège parisien doit symboliquement s’arrêter devant le Palais de justice, sur l’île de la Cité. Pour Claire Charlès, de l’association Les effrontées, la justice « échoue à donner une réponse judiciaire aux victimes. L’affaire Julie est caractéristique de notre système patriarcal », dit-elle, en référence à cette jeune femme de 14 ans à l’époque, qui a saisi la cour de Cassation contre plusieurs pompiers, condamnés pour « atteinte sexuelle » et non pour viol, comme elle le demande. « Nous demandons à la société de prendre conscience du système de torture organisé qu’est la pornographie », complète Ursula Le Menn, d’Osez le féminisme.

Le cortège passera aussi devant la Sorbonne, les étudiantes étant, selon Mélanie Luce de l’Unef, encore plus touchées que les étudiants dans cette crise sanitaire. La jeune femme rappelle que le coût de la vie est plus élevé pour ces dernières de 534 euros par an en plus, et que 37 % des étudiantes ont eu des pensées suicidaires contre 22 % des étudiants, selon l’Observatoire de la vie étudiante.

« Il faudrait revaloriser les métiers féminisés »

Enfin, et puisqu’il ne s’agit pas seulement d’une manifestation mais aussi d’une grève, le travail sera central dans les revendications cette année. « On a beaucoup avancé sur la libre disposition du corps, mais sur le combat capital-travail, on a du mal à avancer », constate Suzy Rojtman, du Collectif national des droits des femmes (CNDF). Pour la militante, « il faudrait revaloriser les métiers féminisés, et interdire les temps partiels inférieurs à 24h ». Le cortège parisien passera devant un McDonald’s de Saint-Michel, avec une prise de parole attendue du collectif McDroits, un groupe de salariées et ex-salariées mobilisées qui attendent « des conditions plus respectables » et dénoncent un « harcèlement sexuel et sexiste répété dans l’entreprise ». En octobre dernier, le collectif a obtenu le droit pour les employées de pouvoir travailler en pantalon, et pas obligatoirement en jupe.

Première victoire ! 📌

Suite à la pression que nous avons mis sur l’entreprise et après un rendez-vous avec les membres du collectif mardi, la direction de McDonald’s France s’est engagée à mettre fin au port de la jupe obligatoire dans tous ses restaurants ! pic.twitter.com/anECfrQmow

— Collectif McDroits (@mcdroits) November 13, 2020

Pour protester, les organisatrices rappellent que la grève n’est pas seulement une grève du travail salarié, mais qu’elle peut passer par une grève des études et du travail domestique. « Nous préparons la grève féministe que ce soit au boulot ou dans le privé », rappelle Anne, du collectif On arrête toutes.

Étudiantes, soignantes, caissières.. Les héroïnes et victimes de la crise sanitaire à l’honneur de la mobilisation féministe ce 8 mars
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