Sunday, September 26, 2021
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Haine en ligne : À Paris, un procès « historique » contre le racisme anti-asiatique s’ouvre ce mercredi

Haine en ligne : À Paris, un procès « historique » contre le racisme anti-asiatique s’ouvre ce mercredi

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Le procès qui s'ouvre ce mercredi à Paris démarre dans un contexte de mobilisation internationale contre le racisme visant les asiatiques.

Le procès qui s’ouvre ce mercredi à Paris démarre dans un contexte de mobilisation internationale contre le racisme visant les asiatiques. — Andrej Ivanov / AFP
  • Le 28 octobre au soir, jour de l’annonce du second confinement par Emmanuel Macron, de nombreux messages à caractère raciste et des appels à la violence à l’encontre de la communauté asiatique ont été massivement relayés sur Twitter.
  • Une enquête avait été ouverte pour « provocation publique à commettre une atteinte à l’intégrité physique d’une personne, à caractère raciste » quelques jours après par le parquet de Paris.
  • Pour les associations mobilisées dans cette affaire, ce procès témoigne d’une véritable « prise en compte par les pouvoirs publics de la gravité de ces faits ».

Le 28 octobre 2020, le couperet s’abat une nouvelle fois sur les Français. Pour faire face à une seconde vague épidémique, Emmanuel Macron annonce l’instauration d’un nouveau confinement sur l’ensemble du territoire. Visés par
une flambée de xénophobie et de racisme depuis le début de cette crise sanitaire, les Asiatiques font l’objet ce soir-là d’une campagne haineuse particulièrement virulente sur les réseaux sociaux. « Ça va aller dans le 13e chasser du chinois », « On arrête les mangas, désormais c’est la chasse aux Asiatiques, les bridés là, les jaunes mangeur de chiens » peut-on lire sur Twitter.

Ces messages, massivement relayés, sont immédiatement signalés. En parallèle, plusieurs associations antiracistes se mobilisent et des plaintes sont déposées. Quelques jours plus tard, le parquet de Paris ouvre une enquête pour « provocation publique à commettre une atteinte à l’intégrité physique d’une personne, à caractère raciste ». Après quatre mois d’enquête, le procès de cinq internautes suspectés d’être à l’origine de certaines de ces publications doit s’ouvrir ce mercredi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Une audience « historique » saluent les acteurs associatifs.

Une mobilisation rapide

« C’était hyper violent. Il y avait des appels au meurtre très explicites », se souvient Daniel Tran, vice-président de l’association des jeunes Chinois de France (AJCF). « Des tweets incitaient clairement à faire des ratonnades », complète Sun-Lay Tan, porte-parole du comité Sécurité pour tous. Pour endiguer la violence qui s’exprime sur les réseaux sociaux, les deux associations décident de lancer un appel aux internautes pour signaler l’ensemble des messages haineux à la plateforme Pharos.

En parallèle, épaulée par des juristes, l’AJCF met en ligne un modèle de plainte pour incitation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination raciale. « L’un des comptes à l’origine de ces publications était suivi par des milliers de personnes. Il fallait absolument stopper la diffusion de ces messages », complète Me Soc Lam, l’avocat de l’association des jeunes Chinois de France. Les cinq hommes poursuivis devront répondre ce mercredi d’injure publique à caractère raciste et provocation à commettre un crime ou un délit.

« En moins de six mois, les auteurs de certains messages ont été identifiés et vont être jugés. C’est incroyable, pour nous c’est le signe d’une véritable prise en compte de la gravité de ces faits par les pouvoirs publics », se félicite le porte-parole du comité Sécurité pour tous. Pour le vice-président de l’AJCF, qui doit se constituer partie civile à l’audience mercredi au côté de nombreuses autres associations antiracistes, ce procès revêt également une dimension « symbolique » : « Rien qu’en jugeant ces faits, cela montre qu’on ne peut pas écrire n’importe quoi sur les réseaux sociaux. L’impunité en ligne doit cesser ».

Une parole raciste exacerbée depuis un an

En France comme ailleurs, l’apparition du Covid-19 a eu pour effet d’exacerber ce racisme anti-asiatique. En mai 2020, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres dénonçait « un raz-de-marée de haine et de xénophobie, de recherche de boucs émissaires et d’alarmisme »
et appelait les gouvernements à « agir immédiatement pour renforcer l’immunité de nos sociétés contre le virus de la haine ». Un constat partagé par les militants associatifs français. Nommée en février dernier à la tête de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcrah), Sophie Elizeon dénonce elle aussi « des manifestations de haine plus violentes contre les personnes d’apparence asiatiques » depuis le début de la crise sanitaire.

Un effet « d’accélération » à mettre en parallèle avec l’intensification de la mobilisation des citoyens visés, analyse Soc Lam : « L’arrivée du virus a servi de prétexte pour libérer cette parole xénophobe. Le racisme envers les Asiatiques a toujours existé, mais nos aînés ne disaient rien. Aujourd’hui, les Français d’origine asiatique de la 2e ou 3e génération en ont marre ». Plus structurées, ces associations s’inspirent désormais des actions menées dans le sillage des mouvements #MeToo ou
#BlackLivesMatter pour dénoncer les discriminations subies par la communauté asiatique : « Il y a eu une libération de la parole des victimes, elles osent parler et déposer plainte. Ce procès est à mon sens historique car il s’inscrit dans ce contexte » , conclut Sun-Lay Tan. Pour faire entendre leur voix, les associations ont d’ores et déjà appelé à un rassemblement à 13h, ce mercredi, sur le parvis du tribunal judiciaire.

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