Même si les clients tordent parfois un peu du nez, le pass sanitaire a été adopté. Depuis l’extension lundi du pass aux cafés et
restaurants, les contrôles par les forces de l’ordre se mettent petit à petit en place. Ce mercredi, une patrouille a arpenté les terrasses du centre-ville de
Bordeaux, autour de la rue Sainte-Catherine. Sur une centaine de clients, un seul n’avait pas de pass. Il a écopé d’une amende de 135 euros.

Une très large majorité de clients a présenté son document en règle et ses papiers d’identité sans aucune difficulté. « L’accueil de la clientèle est globalement agréable, même si on s’attend à davantage de difficultés lors de contrôles en soirée, dans un contexte plus festif et avec des clientèles parfois plus complexes à appréhender » analyse le commissaire-divisionnaire Eric Krust.

Contrôle du pass sanitaire à une terrasse de café à Bordeaux
Contrôle du pass sanitaire à une terrasse de café à Bordeaux – Mickaël Bosredon/20Minutes

Un test toutes les 72 heures, « cela commence à être pénible »

« Pas de souci, je trouve cela normal », nous dit par exemple ce touriste parisien, attablé à une terrasse de la rue Sainte-Catherine à l’heure du déjeuner. Gauthier, qui arrive de Dunkerque et passe quelques semaines de vacances dans la région en famille, est un peu plus remonté. « Nous ne sommes pas vaccinés, et je trouve que l’on devrait laisser la liberté aux gens de se vacciner ou pas. En attendant, nous passons des tests toutes les 72 heures – contre 48 heures auparavant – ce qui nous permet de continuer à effectuer des sorties ou de fréquenter encore les terrasses, mais cela commence à être très pénible. On a très mal, car le test se fait un coup dans la narine gauche, un coup dans la droite, mais on est malheureusement obligé de faire avec. »

Une Bordelaise, vaccinée, venue boire un café en terrasse avec une amie, trouve aussi « tout cela très contraignant. » « Je suis contre l’obligation de se faire vacciner, et ces contrôles viennent encore rajouter de la lourdeur. Mais il faut apprendre à vivre avec tout cela, car je ne vais pas restreindre mes sorties pour autant. »

Contrôle du pass sanitaire à une terrasse de café dans le centre de Bordeaux
Contrôle du pass sanitaire à une terrasse de café dans le centre de Bordeaux – Mickaël Bosredon/20Minutes

Un autre touriste assure que les délais étaient trop courts pour se faire vacciner avant de partir en vacances (même s’il est possible de se faire vacciner sur son lieu de vacances). « Nos congés étaient déjà prévus au mois d’août lorsque l’annonce du pass sanitaire a été faite, il nous était impossible d’être complètement vaccinés en si peu de temps. » Lui aussi effectue des tests en attendant.

« Moins contraignant que ce que je pensais »

Côté restaurateurs, sur la quinzaine de professionnels contrôlés dans le centre de Bordeaux ce mercredi, un seul n’avait pas mis en place de dispositif de contrôle du pass. « Le gérant a même prétendu ne pas connaître la loi applicable depuis lundi, sourit le commissaire divisionnaire Eric Krust. Il a été averti à titre pédagogique et il sera recontrôlé dans les jours à venir. »

C’est le deuxième gérant en infraction depuis le début des contrôles à Bordeaux lundi. « Pour le moment nous sommes tolérants vis-à-vis des gérants et nous vérifions qu’ils ont bien compris le système, poursuit Eric Krust. Nous avons à ce jour une très bonne surprise, car ils jouent le jeu, et la lecture du QR code se fait somme toute assez facilement. Ils ont juste parfois une petite interrogation lorsqu’un touriste étranger leur présente un pass de son pays, et pas le pass européen. Nous espérons que ce sérieux va persister, puisque pour l’instant nous devons aller jusqu’à fin novembre pour le contrôle de ces pass. »

A un restaurant de la place du Parlement, on assure que tout se passe bien depuis lundi. « J’ai juste dû refuser une cliente qui m’assurait que la batterie de son téléphone était à plat, sourit un responsable de l’établissement. Sinon on n’a rencontré aucun problème, tous les clients se présentent avec un pass valide, et c’est moins contraignant que ce que je pensais. »

« Le système fonctionne »

« Les contrôles démarrent avec un niveau de progressivité, explique le préfet délégué pour la défense et la sécurité Martin Guespereau. Le premier niveau concerne les professionnels à qui l’on demande de mettre immédiatement en place le dispositif de contrôle du pass sanitaire, ce qui est massivement respecté. Le système fonctionne et on n’a pas de files d’attente devant les restaurants, les bars ni les musées. Puis nous démarrons progressivement les contrôles des particuliers, sachant que la police effectue un contrôle d’identité – ce que le professionnel n’est pas habilité à effectuer – pour s’assurer que c’est bien la bonne personne qui présente son pass sanitaire. Nous ferons aussi preuve de pédagogie avec les clients, mais les policiers verbalisent déjà les vrais récalcitrants. »

Un client contrôlé en possession d’un pass qui ne correspond pas à son identité encourt une amende de 135 euros, et de 200 euros s’il récidive dans les quinze jours. Un patron d’établissement risque quant à lui une fermeture de 24 heures à la première infraction, puis une fermeture de sept jours à la deuxième infraction. La troisième infraction est délictuelle, et peut aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 9.000 euros d’amende.

Pass sanitaire à Bordeaux : Aux terrasses des cafés, pour le moment « les policiers verbalisent les vrais récalcitrants »
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