Le 21 août, Adam, 9 ans, était percuté par un automobiliste, à
Montpellier (Hérault). Il est décédé, quelques jours plus tard, des suites de ses blessures. Le conducteur est soupçonné d’avoir conduit sous l’emprise
d’alcool et de stupéfiants. Depuis, ses parents se battent pour que ces drames ne relèvent plus de l’homicide involontaire, mais de l’homicide volontaire. Que ce ne soit plus un délit, comme c’est le cas aujourd’hui, mais un crime. Puni d’une peine bien plus sévère.

« Nous considérons que la voiture est une arme par destination, si elle n’est pas utilisée correctement, avec des circonstances aggravantes, comme l’utilisation d’alcool ou de drogues, confie Abdelhak, le père d’Adam. On a envie de faire bouger les choses. On avait, depuis longtemps, envie de s’engager dans ce combat. Malheureusement, c’est un drame qui nous y a amenés. » Lorsqu’un chauffard prend la route, ivre ou drogué, il doit « en assumer les conséquences », poursuit le Montpelliérain.

36.000 signatures recueillies

C’est le combat, depuis des années, de l’association Charlotte Mathieu Adam. Elle a été créée après la mort de Charlotte, le 22 décembre 2012, à Montpellier. Cette étudiante de 18 ans est décédée, fauchée par une voiture. Le chauffard mis en cause, un Montpelliérain dont le permis de conduire avait été annulé, était en état d’ivresse, au moment de l’accident. Il a été condamné à 6 ans d’emprisonnement.

L’objectif de cette association de victimes de violences routières est « de faire comprendre à la justice que la délinquance routière qui enlève la vie d’innocents ne peut plus être considérée comme un simple délit. Nous nous battons pour que ces faits soient considérés comme une infraction criminelle spécifique et que, dans l’attente d’une nouvelle loi, les chauffards soient renvoyés devant une cour d’assises pour violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec une arme, la voiture. » Une pétition, relayée par l’association, « pour que la responsabilité des chauffards ne soit plus minimisée », a réuni plus de 36.000 signatures sur Internet.

« Il y a un déterminisme mortel »

Pour Laëtitia Leroy, l’avocate des parents d’Adam, la loi doit changer. Elle a demandé cet été au ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, l’ouverture d’une commission parlementaire pour réfléchir à ce sujet. Mais que ce type de fait relève un jour d’un homicide volontaire, « cela me semble compromis », explique toutefois l’avocate. Car les chauffards, bien qu’ils aient pris la route alors que leur état ne le leur permettait pas, n’ont, a priori, pas cherché à tuer. « En revanche, nous pourrions définir une infraction qui consisterait à dire qu’il y a eu de telles négligences et de telles imprudences que ce résultat, in fine, était comme recherché. Qu’il y a un déterminisme mortel », note-t-elle. Une infraction, dès lors qu’il y a des circonstances aggravantes, qui relèveraient du crime.

Lundi, devant la Cour d’appel de Montpellier, l’avocate est intervenue dans un autre dossier, similaire : la mort de Laurena, mortellement percutée en février 2019 à Lattes par une automobiliste ivre, et positive au cannabis et à la cocaïne. En première instance, elle a été condamnée à 5 ans de prison, dont un an avec sursis. Le parquet avait interjeté appel. La décision de la cour sera rendue le 6 décembre.

Tuer sur la route lorsqu’on est ivre ou drogué doit-il devenir un crime ?
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