Il avait détaillé la stratégie de déconfinement dans la presse quotidienne régionale, fin avril. Emmanuel Macron a choisi la télévision pour sa 8e allocution depuis le début de la crise sanitaire pour une adresse solennelle à la Nation. Car l’époque a changé. Après deux mois de déconfinement progressif, de retour aux terrasses, d’innocence retrouvée,
la conjoncture se fait plus morose depuis une semaine.

En cause, le variant Delta, plus contagieux que les souches précédentes, qui contrecarre les plans du gouvernement. Si la pression hospitalière baisse encore avec 947 personnes en soins critiques, la tendance est à la hausse des contaminations, avec 4.256 nouveaux cas enregistrés dimanche, contre 2.549 il y a une semaine. Comment inciter les Français à se faire vacciner ? Le président, après un Conseil de défense ce matin à l’Elysée ce lundi matin, a tranché : la vaccination va devenir obligatoire pour les soignants, personnels hospitaliers et bénévoles s’occupant de personnes fragiles. Et le pass sanitaire sera étendu aux bars, restaurants, transports, hôpitaux dès août.

  • Obligation vaccinale pour les soignants

Depuis une semaine, le débat autour d’une vaccination obligatoire pour les soignants fait rage. Vendredi, le Conseil scientifique a préconisé « une obligation vaccinale pour les soignants », affirmant s’appuyer sur la « recommandation » du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.

S’il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur la vaccination des soignants, il existerait un important écart : 89,9 % des soignants libéraux ont reçu au moins une dose, contre 59,3 % des professionnels en Ehpad. Insuffisant, estime le pouvoir. Après
des consultations la semaine dernière de soignants côté ministère de la Santé, et de chefs de partis côté Premier ministre, la décision est donc tombée. Tous les soignants devront à la rentrée être vaccinés contre le Covid-19. Pour qui précisément ? « Les personnels soignants et non soignants des hôpitaux, des cliniques, des maisons de retraite et des établissements pour personnes en situation de handicap », a précisé le chef de l’Etat. Une obligation vaccinale qui s’appliquera d’ici le 15 septembre également à tous les professionnels et bénévoles qui travaillent au contact des personnes âgées ou fragiles, y compris à domicile. Des contrôles et des sanctions se mettront en place à partir de la mi-septembre.

Olivier Véran a précisé quelques minutes après la fin de l’allocution présidentielle que les soignants non vaccinés au 15 septembre « ne pourront plus travailler et ne seront plus payés ».

Pour imposer cette obligation, le gouvernement doit passer par une loi. Et il souhaite aller vite. Un projet de loi sera donc présenté en Conseil des ministres lundi 19 juillet et examiné dans la semaine par le Parlement. Qui comprendra un deuxième volet pour inciter à la vaccination : l’extension du pass sanitaire.

  • Elargissement du pass sanitaire

Actuellement, le pass sanitaire permet d’accéder aux rassemblements de plus de 1.000 personnes et
dans les boîtes de nuit. Il peut être présenté sous forme d’un QR code sur l’application Tousanticovid ou d’un papier. Et présente la preuve soit d’un schéma vaccinal complet (donc deux semaines après la deuxième dose ou l’unique dose), soit d’un test PCR ou antigénique négatif (de moins de 48 heures), soit enfin d’un test prouvant un rétablissement du Covid-19 (preuve de contamination entre six mois et deux semaines). Face à la menace d’une quatrième vague, le président a choisi d’étendre fortement ce pass sanitaire. « L’équation est simple : plus nous vaccinerons, moins nous laisserons d’espace au virus pour se diffuser, plus nous éviterons les hospitalisations », a justifié le président, appelant à « un été de mobilisation pour la vaccination ».

« Dès le 21 juillet, le pass sanitaire sera étendu aux lieux de culture et de loisirs réunissant plus de 50 personnes », a expliqué Emmanuel Macron. Pour tous les Français de plus de 12 ans, il faudra être vacciné ou présenter un test négatif récent pour assister à un spectacle, un concert, un cinéma, un festival ou entrer dans un parc d’attractions… Deuxième étape : « A partir du début du mois d’août, le pass sanitaire s’appliquera dans les cafés, restaurants, hôpitaux, Ehpad, établissements médico-sociaux, centres commerciaux, voyages longue distance en avion, en train, en car… » Un élargissement très important donc, sans exclure d’ajouter d’autres activités à cette liste par la suite.

Emmanuel Macron a également décidé que les tests PCR, sans ordonnance, deviendront payants à partir de l’automne. L’Académie de médecine avait suggéré cette piste pour encourager les récalcitrants à se faire vacciner. Par ailleurs, une campagne de rappel sera mise en place à compter de début septembre pour les vaccinés de janvier et février.

Enfin, pour les territoires d’Outre-Mer, les décisions sont plus drastiques : l’état d’urgence sanitaire sera déclaré dès mardi en Martinique et à La Réunion et un couvre-feu sera instauré.

  • Réforme des retraites et de l’assurance chômage toujours à l’agenda

Mais le président ne s’est pas limité aux questions liées au Covid-19. Il a également abordé le sujet de la reprise économique… et surtout des réformes en suspens. « J’ai demandé au gouvernement de lancer un plan massif de formation et de requalification des chômeurs de longue durée, a insisté le président. La réforme de l’assurance chômage sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre, autour d’une volonté simple en France, on doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu’en chez soi. »

Plus polémique, la réforme des retraites n’est visiblement pas enterrée. « Nous devrons engager la réforme des retraites. Notre système est injuste. Les régimes spéciaux devront être supprimés. Parce que nous vivons plus longtemps, il nous faudra partir à la retraite plus tard. L’âge départ doit être plus tardif. Toute retraite pour une carrière complète devra être supérieure à 1.000 euros par mois. » S’il souhaite que le gouvernement planche sur cette réforme, mise entre parenthèses depuis la crise sanitaire, le président assure que le timing n’est pas encore défini. « J’ai entendu les débats. Je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle. »

Enfin, le président a annoncé la création d’un « revenu d’engagement pour les jeunes sans emploi ou formation ». Il s’agit en réalité du nouveau nom de l’actuelle « garantie jeunes », qui sera donc largement étendue.

Vaccination, pass sanitaire, réforme des retraites… Que retenir de l’intervention d’Emmanuel Macron ?
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